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1976: Danialou Sagbohan & Les Astronautes

En 1975 Sagbohan enregistre son deuxième 45 tours avec l'orchestre "Les Astronautes" et sous son vrai prénom: Danialou.  Ce disque va avoir l'effet d'une bombe pour tous les orchestres béninois en particulier Poly-Rythmo.
On peut dire que ces deux titres font parti des plus prodigieux que Sagbohan est eu à enregistrer. De plus, le public ne les connais pas car ils ne sont jamais joués en concert. 




Face A: "Missi Mé"
"Missi Mé" est un superbe rythme Afro-Cubain qui dévoile une fois de plus les talents mélodiques de Sagbohan. Vous pourrez apprécier la qualité de l'orchestre "Les Astronautes". Je pense que le guitariste est Migan Céléstin, le plus grand guitariste de l'époque.



Face B: "Mi Na Gan"
Ce morceau est révolutionnaire. Sagbohan s'inspire du rythme "Kakagbo" un rythme vaudou qu'il modernise pour un faire un morceau afrobeat et jazz. Lorsque Clément Mélomé, le leader du Poly-Rythmo, entend ce titre, il crée le rythme sato, un rythme afrobeat inspiré de rythmes traditionnels béninois. 

1975: Danny Sagbohan & l'Orchestre Poly-Rythmo

En 1975, Sagbohan enregistre ses deux premières compositions sous le nom de Danny Sagbohan. Il est accompagné par l'orchestre Poly-Rythmo et pour l'anecdote, Sagbohan ne devait pas jouer à la batterie qui était assurée par le grand Léopold Yehouessi. Mais Ce dernier, exténué après une journée d'enregistrement au Nigeria, confie sa place à Sagbohan qui n'avait jamais chanté en jouant la batterie tout comme l'ingénieur du son nigérian n'avait jamais enregistré dans cette configuration.



Face A: "Gbeto Vivi"
C'est avec ce morceau que Sagbohan s'est vraiment fait connaitre au Bénin. Son style et son talent sont mis à jour. Ce disque révèle aussi la texture si particulière de sa voix. Je nous parle pas non plus de la batterie...



Face B: "La Révolution n'échouera pas"
En 1975, le Dahomey devient la république populaire du Bénin et s'installe un régime marxiste léniniste. Les artistes n'on plus le droit de quitter le pays ou de le critiquer la nouvelle politique. Sagbohan chante la révolution...

1973: Black Santiago (Compilation)

Ce 33 tours de l'orchestre Black Santiago sort en 1974 mais il regroupe les meilleurs titres du groupe. Cet album est d'anthologie, la variété des rythmes (Pachanga, Soukous, Rumba, Sega, Bolero, Son Montuno, Afrobeat, Biguine) et les talents qui les exécutent ont fait que cet orchestre était le meilleur d'Afrique de l'Ouest. Remercions son leader Ignace de Souza, son chanteur afrobeat Honore Avolonto, et son petit génie de l'époque, survolté, hanté par les rythmes de son pays, le batteur Sagbohan Danialou.




Parmi les morceaux à retenir de cette compilation, l'interprétation du titre "El Manisero", célèbre bolero enregistré à Cuba en 1930 par Antonio Machin. Danialou Sagbohan est aux choeurs et aux percussions.




Le deuxième titre "Dou Dagbe We" est un rythme afrobeat chanté par Honoré Avolonto. Parmi tous les titres du Black santiago, celui ci est facilement identifiable et illustre bien la diversité et le talent des membres du groupe.

1972 : L'Orchestre Black Santiago


Durant l'année 1972, l'orchestre Black Santiago enregistre de nombreux 45 tours sur le label béninois Tropiques Satel. Danialou Sagbohan apparait comme chanteur sur plusieurs titres comme ceux qui suivent. Il faut une oreille aguerrie pour reconnaître la voix de Sagbohan qui est encore fluette mais son aura électrise tous les enregistrements.

En 1971, durant 6 mois, le Black Santiago assure la première partie de Fela Ransome Kuti au club Kacadu, à Lagos. Sagbohan est à la batterie. Fela écoute le jeune autodidacte et lui confie après le concert: "Toi, tu es dangereux".

Il reste de cette période des enregistrements funk et afrobeat redoutables tels que le morceau Paulina. Sagbohan est aux percussions et aux choeurs.




Les deux morceaux du disque sont composés par Sebastien Houedanou dit "Pacheco", autre membre singulier du Black Santiago. Mais le morceau "Gbe O Houzou" est chanté par Sagbohan et il est difficile de croire que ce n'est pas lui qui a composé tellement il a d'emprise sur l'enregistrement.




Sur cet autre disque des Black Santiago, Sagbohan chante sur le titre "Zangbeto". Ce morceau est particulier, on peut dire que c'est le premier morceau d'influence vodou. En effet les "Zangbeto" sont des masques vodou très populaires au Bénin.
Bien avant les rythmes sato du Poly-Rythmo et bien plus afrobeat que Fela, Sagbohan imprègne de jazz ce sublime morceau. "Zangbeto" est un titre  révolutionnaire, guerrier. La batterie de Sagbohan et les percussions  le rende encore plus génial.